Au passage des poètes

Je ne t’ai jamais demandé
De décrocher la lune
De nettoyer les murs
Qu’ils ont taché de sang
Ni d’offenser les dieux
Ni d’insulter les gens
Ni de sonder la brume
Qui tombe sur la drève

J’aimerais simplement
Que tu tendes l’oreille
Pour entendre ce que
Le soir ici murmurent
Entre les cyprès noirs
Les bouches de marbre blanc
Qui frissonnent un peu
Au passage des poètes