Alzheimer
-À ma mère-
Etrangement portée
A gommer les aspérités
Elle frotte jusqu’à l’usure
Les traces du passé
Sa mémoire à mesure
Devient lisse et glacée
Comme une patinoire
Tout vient y glisser
Sans y laisser de marque
Jours sombres endeuillés
Plein soleil des plages d’été
Ombre furtive d’un clocher
Corbeaux en plein vol
Brassées de fleurs
Quand sonnent les heures
Les plus colorées
Un vent ténu vient à souffler
Et la voilà qui oublie
Qui oublie
Il faut d’ailleurs qu’elle oublie
Sous peine de pleurer


