A ma mère
J'écartais un peu les jambes
Et s'élevait alors le caniveau
Au rang d'un fleuve
Géant qu'un pont humain enjambe
Sur la surface de l'eau
Passaient des barques
Des chalands
Des voiliers fiers
Dont les grands mâts
Me grattaient parfois la peau
Il m'arriva dans les jours sombres
De vouloir me jeter
Dans les eaux inventées
Mais la main de ma mère
M'empêchait de sauter


