La conscience
Ô conscience, miroir de la douleur
Me plongeant dans de noirs abîmes sans fleur,
Tu m'accables le jour, hantes mes nuits,
Et de ton audace terrasses l'ennui.
Ô conscience, je te hais, femme sans pudeur !
Crève saleté ! Mère des cris, crève hideur !
Tu es une plaie qui ne cicatrise pas
Et tel un fléau charmes le trépas.
Ô conscience, tu es conscience du Mal !
En mon corps tu achevas l'animal
Dont l'unique espoir fut de retrouver
L'originelle candeur adamique
Qui, en sa frivolité extatique,
M'eût de la sinistre amertume sauvé.


