La Beauté

La Beauté, étrangère aux yeux froids de l'humain,
Ne brûle que le cœur du poète divin,
Car la bête insensible au vol d'une colombe
Ne sait pas l'harmonie qui demeure outre-tombe.

Comme le clair azur crève un ciel nuageux,
La Beauté irradie le poète ombrageux
Qui d'un geste bâtit son œuvre imaginée
Près d'une exquise nymphe, éblouie, fascinée.

– Comment se refuser tes présents les plus purs,
La fraicheur et l'éclat de tes fruits les plus mûrs,
Quand le poète sait ce que tu représentes
Et qu'il succomberait si tu étais absente ?