Aller vers : Vos poemes

Rainer Maria RILKE (1875-1926)

Recueil : Vergers


La passante d'été

Vois-tu venir sur le chemin la lente, l'heureuse,
celle que l'on envie, la promeneuse ?
Au tournant de la route il faudrait qu'elle soit
saluée par de beaux messieurs d'autrefois.

Sous son ombrelle, avec une grâce passive,
elle exploite la tendre alternative :
s'effaçant un instant à la trop brusque lumière,
elle ramène l'ombre dont elle s'éclaire.